2012
EDMOND LA VANILLE (Jean-Paul Cathala / Nouvelle mise en scène)
La première version était délibérément tournée vers le tout public et la distribution en était lourde pour une troupe comme la nôtre à qui (comme aux autres d’ailleurs) on retirait les subventions les unes après les autres. Je remodèle donc la partition pour cinq et me charge une fois de plus des décors, soit cinq grandes toiles peintes et un rideau de scène. Dans la précédente version, il y a une scène où Edmond fait en quelque sorte une plongée dans son propre subconscient et fouille les racines de ses douleurs. Cela donne évidemment un texte disons « surréaliste » dans le ton et la forme. Alors que notre vie diurne et nocturne est envahie par les chansons de pacotille qui prétendent remplacer la poésie, des bonnes âmes trouvent ce passage trop « lyrique ». Ce qui n’est absolument pas le cas. Je parviens à me convaincre que les adolescents auxquels nous destinons cette nouvelle mouture effectivement risquent de décrocher. C’est une grave erreur de jugement de ma part. Bref le spectacle va être mis en répétition, quand Christophe Montrose nous annonce qu’il assurera la tournée, mais qu’il veut « vivre autre chose ». C’est un coup très dur porté au moral alors que les répétitions vont commencer. Le monde n’en finit pas de me surprendre… Passons ? Les comédiens seront superbes de justesse et de lucidité. Isabelle dans le rôle de la sœur est à son plus haut. Quel gâchis !
Nous décidons de nous installer définitivement en Limousin car le côté « central » de la région facilite considérablement nos tournées. En effet nous ruinons nos santés et nos finances en trajets bien souvent inutiles. Une opportunité se présente et nous faisons un emprunt pour acheter un lieu qui nous semble aller avec nos nouvelles ambitions. En parallèle nous mettons en vente le local de Lézignan qui est devenu trop lourd en frais de tous ordres, en impôts et aussi du point de vue environnemental. C’est un déchirement, mais nous n’avons plus le choix si nous voulons sauver notre outil de travail.
LE PETIT PRINCE (Antoine de Saint-Exupéry / Mise en scène : Jean-Paul Cathala)
Je propose à Philippe Audibert de s’attaquer à ce texte monstrueusement mythique. Il ouvre des yeux épouvantés mais me fait confiance. Je propose un découpage respectueux du texte, mais dit pas Saint- Exupéry lui-même lors de son dernier vol au-dessus de la Méditerranée (un peu comme je l’avais fait pour le Grand Meaulnes et pour Vercors). En fond de scène apparaît soudain le désert, quelques maquettes des divers avions qui ont balisé la vie du pilote, une authentique tenue de pilote et… la présence virtuelle du Petit Prince qui n’est autre, évidemment que l’enfance même de l’auteur et sa voix intérieure avec ses exigences morales, éthiques si l’on préfère et, bien entendu, très simples, très compréhensibles par un jeune public. Une fois de plus je me tourne vers mes grands amis acteurs qui enregistrent merveilleusement les voix intervenantes et nécessaires. C’est une très belle réussite. Je veux tout de même dire qu’Alice Orsat qui enregistre le texte du Petit Prince et qui est une professionnelle du doublage depuis ses très jeunes années, nous livre là une superbe performance. Or, elle vient d’avoir dix ans ! Quant à Philippe, il est là dans une telle évidence, que l’émotion pudique qu’il sait faire sourde vient sur nous de façon naturelle. C’est du grand art.
DISTRIBUTION : Saint-Exupéry : Philippe Audibert / La voix du Petit Prince : Alice Orsat / La voix du renard : Guillaume Orsat / La voix de la Rose : Anne Massoteau / Les voix du serpent et de l’Allumeur de Réverbères : Pierre Margot Décor : Jean-Paul Cathala Bande son : Pierre Margot
T'IT JULO ET LA BALEINE (Jean-Paul Cathala)
Avec la permission de Bernadette Boucher pour qui j’avais écrit cette courte pièce, je refaçonne un tantinet le texte pour l’adapter à Nicolas Marty qui met sa fougue et sa tendresse au service de cette histoire de solidarité. Il est heureux de s’affronter pour la première fois au public des tout petits et de découvrir l’amour qu’ils lui manifestent en fin de spectacle. Et aussi leur pouvoir d’attention et leurs questionnements.
LE COMPORTEMENT DES « RESPONSABLES CULTURELS » UN JOUR DE PREMIÈRE DANS L’AUDE : Naturellement, le jour de la première, nous n’aurons aucun retour de la part des gens qui sont chargés d’irriguer en culture le terroir et qui, par parenthèse, en vivent très tranquillement et au passage grâce aux artistes qui se débattent dans leur fragilité. Grand merci messieurs dames ! Ce ne sont pas des compliments que nous attendons, ou même des critiques, seulement un brin de solidarité. Mais ça, c’est véritablement trop demander à des personnes qui n’ont jamais pris le risque de mettre un pied sur un plateau et ne sauraient imaginer l’inquiétude de l’artiste avant une première et pire, avant une première devant des tout petits enfants… Madame ou monsieur la ou le ministre, par pitié, fermez les bureaux et rendez les théâtres aux artistes ! Ils sont les mieux placés pour les faire fonctionner !
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