2002
Depuis plusieurs années nous proposions à diverses communes du département de l’Aude des sortes de mini conventions, soit un spectacle (au moins) en soirée ou non, et une animation en direction des écoles. Nous avions dépassé les 15 conventions, ce qui assurait une petite stabilité à la troupe et une petite programmation de qualité aux municipalités. Par ailleurs, une communauté de communes réduite (Durban Corbières) qui avait acquis dans ce but la compétence culturelle, avait signé avec nous un conventionnement de trois ans. L’ancien maire de Lézignan Corbières, monsieur Tournier, nous propose à son tour de signer une convention avec la communauté de communes de Lézignan dont il est devenu le président. Cela nous engage à créer deux spectacles par année, plus des Documentaires/Théâtre et des animations que nous transformerons très vite en réalisation de spectacles par les enfants eux-mêmes. Engagement très lourd pour nos faibles moyens. En effet, parallèlement, l’état, la région, le département diminuent leurs subventions et bientôt, à part le département, se désengageront totalement au profit des grosses structures qui pratiquent une politique uniquement de diffusion et assassinent la création locale et la diffusion populaire. Notre convention avec les deux communautés de communes (Durban et Lézignan) durera jusqu’en 2013 où elle sera liquidée sans préavis par le nouveau président de la communauté élargie qui absorbe Durban. Nous y reviendrons.
LA BELLE AUX BOIS DORT-ELLE ? (Jean-Paul Cathala / Mise en scène Jean-Pierre Rigaud)
Nous décidons de proposer une mise en scène à Jean-Pierre Rigaud en toute liberté. La Belle au Bois avait été écrite pour un couple de comédiens. Je le repense entièrement pour quatre acteurs. Aussitôt l’esprit ludique de Jean-Pierre s’emballe. Il fait appel à Jean-Baptiste Cleyet pour les décors qui ne se prive pas de délirer. De son côté Elizabeth Lefèvre imagine de très beaux costumes. C’est un spectacle parfait. Jean-Pierre fait travailler les comédiens dans des registres très différents. Lui qui est spécialiste du masque les initie à ces techniques difficiles. Je me souviens en particulier de la très belle entrée du père Semelle qui a quelque chose d’un début de théâtre Nô. Le public est fasciné. Au passage Jean-Pierre me fait un beau compliment : comme je lui demande s’il a besoin de retouches quant au texte, si la mise en scène ne cahote pas, il me répond : « Je n’ai qu’à suivre ton texte et cela roule tout seul » Ainsi la troupe va fonctionner à plein régime et dans une belle variété de registres et de propositions. Mon côté artisan jubile.
DISTRIBUTION : Guillaume Bouet / Christophe Montrose / Isabelle Poulain / Amandine Sagnes Décor : Jean-Baptiste Cleyet Costumes : Élisabeth Lefèvre Bande son : Jean-Pierre Rigaud
LE PRINCE DES FOURMIS (Jean-Paul Cathala / Mise en scène : Christophe Montrose)
Le comédien se présente comme un conteur des rues avec images et orgue de barbarie. Ce qu'il va nous raconter sera ponctué par les musiques de cet orgue composées spécialement par Pierre Margot. Voici la trame telle qu’elle était présentée : « Il n'y a pas longtemps... enfin, pas très longtemps... ici, oui, ici même (où se déroule la séance), se sont produits des événements plus épouvantables les uns que les autres. Mais la plupart des habitants les ont déjà oubliés. Pourtant, il suffit de relire les journaux de ce temps-là, qui n'est pas si lointain ! Souvenez- vous de ce tremblement de terre... comment on retira Hortense, la muette, des décombres de sa maison ; Hortense, qui d'émotion, retrouva la parole. Comment Monsieur et Madame Bon eurent soudain des jumeaux qu'ils n'espéraient plus : Séraphin et Séraphine. Comment ces enfants, si généreux, se liaient d'amitié avec tous les êtres vivants (le plus petit animal blessé était soigné par eux). Comment Séraphine fut enlevée par cet ogre redoutable qui habitait le Château des Brouillards. Comment une gigantesque armée de fourmis, sous la conduite de Séraphin, réussit à sauver la petite fille et comment fut inventé l'arc en ciel... Mais j'en oublie... Toujours est-il qu'au fil des mots, on réfléchit à l'attention qu'il faut porter aux autres, aux plus petits, aux plus faibles que soi, aux animaux, à la vie en général : « ...ce n 'est pas parce qu'on est tout petit, qu'on n’a pas droit à sa place, comme ceux qui sont plus grands et plus forts... » Un bien beau thème, traité joyeusement mais qui évite le moralisme facile. Une interrogation plus qu'une réponse, qui laisse la porte ouverte à toutes les remises en question ».
DISTRIBUTION : Le conteur Philippe AUDIBERT Musique pour orgue de barbarie : Pierre MARGOT
LES MÉTIERS DU THÉÂTRE (Jean-Paul Cathala / Documentaire / Théâtre)
Ce documentaire théâtre complète celui sur “la petite histoire du théâtre”. Aidés de maquettes, costumes, interviews vidéos en particulier de Jean-Pierre Vincent, Jean-Paul Chambas, Mario Gonzalez et quelques éléments de la troupe, nous suivons toutes les étapes de la fabrication d’un spectacle. Ici “Les Fourberies de Scapin” Notre travail de fond sur l’éducation du spectateur se poursuit donc. Après cela, on ne peut plus assister à un spectacle de la même façon et, évidemment, cela ne va pas sans éveiller l’esprit critique. Il sera désormais plus difficile d’abuser ces jeunes spectateurs qui seront, même de manière élémentaire, initiés. Les adultes qui accompagnent les enfants sont très surpris par la masse de recherches, de travail, par l’exigence artistique et éthique que représente la mise au point d’un spectacle.
LE VIOLONCELLE DE FLORELLE (Jean-Paul Cathala)
Isabelle Poulain avait repris le personnage de “Florelle et le Vent”. Je lui propose une nouvelle aventure de ce petit personnage sur un canevas chorégraphique que j’avais écrit voici des années pour Blandine Aubally et Pat O’ Bine. J’ai toujours pensé que faire apprendre un instrument de musique à un enfant est essentiel. Isabelle se débrouille au violoncelle. D’où le thème de ce petit spectacle où va intervenir un maître de musique italien très capricieux mais qui chante superbement, et ce sera la voix de Roberto Alagna dans un air de Lakmé. Rien que ça. Tandis que nous répétions, je me disais, Alagna ça ne passera pas. L’Opéra est trop loin de ces petits bambins conditionnés par les pacotilles de la consommation. Je me trompais. En fin de spectacle ils réclament le monsieur qui chante si bien. Un bis en quelque sorte. Alagna, bon garçon, rechante Lakmé pour les tout petits pâmés.